CHRONIQUE CULTURELLE BUYO ART
INVITÉ : MACK EL SAMBO, LÉGENDE DU REGGAE AU KIVU
Bonsoir à toutes et à tous,
Dans le cadre des préparatifs éditoriaux du média Buyo Art, nous avons choisi de recevoir, sur cette page, une série d’artistes majeurs de la scène culturelle.
Pour cette édition, nous accueillons une figure emblématique du reggae au Kivu :Mackelsambo officiel
Il nous parle de l’historique du reggae dans la région du Kivu et de son engagement artistique pour la paix.
Q1.Bonsoir Mack El Sambo.
Vous êtes notre invité dans cette chronique culturelle.
Pouvez-vous nous dire, en quelques mots, qui vous êtes, ce que vous faites et depuis quand ?
R1.
Mack El Sambo,de mon vrai nom Machozi Kataka Lusambo,est un reggaeman congolais vivant à Goma, en République démocratique du Congo.
Je compte plus de 30 ans de carrière artistique,consacrée à la promotion de la paix dans la région des Grands Lacs africains.
À ce jour,j’ai mis sur le marché plus de 100 chansons.
Je fais une musique révolutionnaire, consciente et engagée.
Ma mission est de construire des ponts entre les peuples et de détruire les murs qui les divisent.
Q2.Vous êtes l’un des pionniers et piliers du reggae au Kivu. Pouvez-vous nous éclairer sur l’historique du reggae dans notre région, voire au niveau national ?
R2.Le reggae est une musique universelle, une musique qui ne connaît pas de frontières.
C’est une musique de revendication, de dénonciation et de résistance.
Au Kivu,avec la naissance des mouvements rastafari, il était naturel que ce courant s’exprime à travers la musique qui en est l’identité : le reggae.
Personnellement, dès l’école secondaire, j’écoutais beaucoup Bob Marley, Alpha Blondy et Lucky Dube, des artistes qui m’ont profondément inspiré.
Face au succès mondial de ces légendes, il a fallu adapter le reggae à nos réalités locales, à nos douleurs et à notre vécu.
J’ai été le premier à lancer un album reggae dans la région avec la chanson « Sikujuaka ».
Par la suite, mon collègue Mayaya est venu renforcer le mouvement, avec un reggae chanté en langue Yira.
Aujourd’hui, le Kivu compte de nombreux reggaemen, aussi bien dans le reggae gospel que dans la musique populaire.
Q3.Quels sont, selon vous, les grands noms du reggae, de ses origines à nos jours ?
R3.À l’échelle mondiale, les grandes figures du reggae sont bien connues :
Bob Marley, Jimmy Cliff, UB40, Alpha Blondy, Lucky Dube, Tiken Jah Fakoly, Isaac Gregory, entre autres.
Au niveau local, nous pouvons citer : Mack El Sambo, Mayaya, FB Faba, 12 Poumons, etc.
Q4.Pourquoi avoir choisi le reggae comme style musical, plutôt que la rumba congolaise ou d’autres genres ?
R4.Face aux atrocités vécues dans notre région, il fallait choisir un rythme qui corresponde à ma mission :
un rythme capable d’éveiller les consciences.
La rumba est souvent perçue comme une musique d’amour et de divertissement, qui fait danser les corps.
Le reggae, lui, fait réfléchir les esprits.
Cela dit, il faut aussi préciser qu’à la base, j’aime profondément le reggae.
Q5.Avez-vous un message à ajouter sur cette thématique, ainsi qu’un conseil à adresser aux jeunes artistes ?
R5.J’invite toute la population à écouter le reggae, une musique que l’on peut écouter en famille, sans crainte de paroles obscènes ou de messages dégradants.
Une chanson reggae est une leçon de vie.
Elle apporte une motivation positive, une nouvelle détermination et une autre vision du monde.
Le reggaeman est la voix des sans-voix, des personnes marginalisées, exploitées, discriminées et opprimées.
Aux jeunes qui se revendiquent révolutionnaires, je conseille :
•de beaucoup lire,
•d’éviter l’injure facile,
•de respecter la loi pour leur propre sécurité,
•de ne pas tomber dans les imputations dommageables.
Il ne faut pas confondre révolution et rébellion.
Aucune révolution ne vaut la vie humaine.
Q6.Pour conclure, parlez-nous de votre musique. Pourquoi avoir réalisé le remix de la chanson Pacification ? Et quels sont vos projets pour l’année 2026 ?
R6.Pacification est une chanson intemporelle, dont le message reste et restera d’actualité, plusieurs années après sa première sortie en 1998.
La deuxième raison est que notre pays est toujours en guerre.
Malgré la présence d’autres chansons pour la paix sur le marché et sur les plateformes de streaming, Pacification véhicule un message particulier, très apprécié par le public.
J’ai également repris cette chanson à la demande de mes nombreux fans disséminés à travers le monde.
Enfin, ce remix s’inscrit dans mon engagement permanent pour le retour de la paix, surtout dans l’Est de la RDC.
Concernant les projets, je travaille depuis plusieurs années sur un nouvel album, dont la sortie est prévue pour 2026.
Que la paix revienne en République démocratique du Congo.
Merci.
Rédaction +243 976049070










